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La rédaction d’OFFCLUTCH a le plaisir de recevoir aujourd’hui Romain Kuentz (alias Stizo), l’un des principaux créateurs de contenu sur le jeu Fortnite et récemment nouveau CEO de l’équipe esport Gameward.

OFFCLUTCH (OC) / : Romain, peux-tu nous présenter en quelques mots ton rôle chez GameWard et la place qu'occupe aujourd'hui l'esport dans ta vie ?

Romain Kuentz (RK)  : 

Actuellement, j’ai repris GameWard depuis un mois et demi, donc je suis CEO du club. Avant ça, j’ai été ambassadeur de GameWard pendant 4 ans, c’est donc un club avec lequel j’ai forcément une histoire assez particulière.

Plus globalement, l’esport a toujours fait partie de ma vie. Je me souviens notamment de l’époque où, quand j’étais au collège, je regardais Gotaga participer à ses compétitions sur Call of Duty. C’est vraiment comme ça que j’ai découvert cet univers, et depuis, ça a toujours occupé une place importante dans ma vie.

OC / : Tu es passé du statut de créateur de contenus et talent STAKRN Agency à celui de président de club avec le rachat de GameWard. Qu'est ce qui a le plus changé dans ta vision business du jeu vidéo depuis que tu es passé de l'autre côté de la table, côté structure plutôt que côté talent ?

RK : Je dirais que le plus gros changement, c’est vraiment de passer du côté de la structure plutôt que du côté du talent. Il faut être beaucoup plus multitâche, gérer énormément de choses différentes, et surtout être très organisé. Je pense que l’organisation, c’est vraiment le maître mot pour réussir à avoir cette double casquette de CEO de GameWard et de créateur de contenu.

Et au niveau de ma vision du business, ce qui a le plus changé, c’est forcément le fait de devoir développer le club. Il faut aller chercher des sponsors, trouver de nouveaux leviers de revenus, développer de nouvelles activités… Tout ça avec un objectif simple : faire perdurer GameWard, mais surtout continuer à le faire progresser.

OC / : GameWard entame un nouveau chapitre sous ta présidence pour la saison 2026-2027. Quel modèle économique veux-tu construire pour le club, entre droits de diffusion, sponsoring et activations communautaires ?

RK : On a mis en place, avec le staff, plusieurs activités pour développer GameWard. On a notamment des bootcamps dans nos locaux, des stages esport sur Fortnite, une agence TikTok où on accompagne aujourd’hui entre 100 et 200 streamers pour les aider à se développer sur la plateforme, et bien sûr le merch.

L’idée, c’est aussi de continuer les événements que je faisais déjà auparavant, mais cette fois avec un peu plus de structure et d’encadrement grâce à GameWard et au staff.

Le but aujourd’hui, c’est vraiment de diversifier nos activités et de construire quelque chose de solide. Je pense qu’avec tout ça, on part sur de très bonnes bases pour la suite.

OC / : Ta notoriété de créateur reste un actif fort pour la structure. Comment tu arbitres aujourd'hui entre continuer à produire du contenu personnel et endosser pleinement le rôle de dirigeant ?

RK : Je pense que s’il fallait des journées de plus de 24 heures, je signerais tout de suite ! 😅

Mais honnêtement, ça ne change pas vraiment de d’habitude. J’ai simplement beaucoup plus de calls et de mails à gérer, mais au global, ça reste dans la continuité de ce que je faisais déjà en tant que créateur de contenu. C’est juste une charge de travail un peu plus importante et surtout de nouvelles responsabilités à gérer.

OC / : Le marché du sponsoring esport reste tendu en France. Quels leviers comptes-tu activer en priorité pour convaincre des marques non endémiques de s'associer à GameWard ?

RK : Je pense que le levier principal, ça va être de montrer aux marques qu’elles ne s’associent pas uniquement à une équipe esport, mais à un véritable écosystème.

GameWard, aujourd’hui, c’est évidemment des joueurs et de la compétition, mais aussi des créateurs de contenu, des événements, des stages, des bootcamps et une agence TikTok. Ça nous permet de proposer beaucoup plus de choses qu’un simple sponsoring avec un logo sur un maillot.

L’objectif, c’est donc de construire des activations qui ont du sens pour chaque marque, notamment auprès d’un public jeune et très digitalisé. Et je pense que c’est comme ça qu’on peut convaincre des marques non endémiques : en leur montrant concrètement ce que l’esport et GameWard peuvent leur apporter en termes de visibilité, de contenu et d’image.

OC / : Comment positionnes tu GameWard face aux structures historiques comme Vitality, KarmineCorp ou GentleMates, qui captent une grande partie de l'attention médiatique et des budgets ?

RK : Forcément, aujourd’hui, on se positionne encore derrière les plus grosses structures. Mais l’objectif, notamment sur Fortnite et Rocket League, c’est d’aller les titiller sur certains tournois, de grappiller les échelons petit à petit et surtout de commencer à faire parler de GameWard.

Je pense que sur Fortnite et Rocket League, on commence déjà à avoir cette visibilité, mais l’idée, c’est vraiment de continuer dans cette direction. Pour 2027, on va donc se concentrer sur ces deux jeux, avec l’objectif de tout donner aussi bien sur le recrutement que sur les compétitions.

OC / : Quelle place comptes-tu donner à la détection, la formation et au recrutement de jeunes talents dans le projet GameWard, face à une stratégie uniquement tournée vers l'achat de rosters déjà compétitifs ?

RK : On a déjà un roster académique sur Fortnite. Pour Rocket League, ce n’est pas forcément prévu pour l’instant, mais ça pourrait évoluer.

L’idée, c’est aussi de pouvoir détecter des jeunes talents directement chez nous, notamment à Boulogne-Billancourt, à travers les stages qu’on organise. Si on voit des jeunes qui ont du potentiel et surtout l’envie de progresser, pourquoi pas les accompagner jusqu’à leur proposer un contrat académique.

Donc l’objectif, c’est vraiment de faire un mix entre le roster professionnel et l’académie, avec l’idée de donner leur chance aux jeunes qui veulent y croire. Même à leur âge, rejoindre un club professionnel et avoir un contrat académique, ça reste quelque chose de totalement possible.

OC / : Sur quels titres et quelles disciplines veux-tu que GameWard se différencie dans les deux prochaines années ?

RK : Fortnite et Rocket League.

OC / : Ton mot “Business” de la fin ? : 

RK : Aujourd’hui, mon objectif, c’est vraiment de construire GameWard sur le long terme. On a une belle histoire, une communauté, des joueurs, des créateurs et maintenant des locaux. Le but, c’est de continuer à développer tout ça, de diversifier nos activités et surtout de faire grandir le club étape par étape.

Je pense qu’on a les bases pour construire quelque chose de vraiment solide, et maintenant, à nous de tout faire pour écrire la suite.

Un grand merci à Romain Kuentz pour cette interview 🙂
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