This website uses cookies

Read our Privacy policy and Terms of use for more information.

La rédaction d’OFFCLUTCH a le plaisir de recevoir aujourd’hui Gwendal Duparc (alias Gwen), une des légendes mondiales du jeu Trackmania.

OFFCLUTCH (OC) / : Gwen, peux-tu te présenter et nous expliquer comment se compose aujourd'hui ton modèle économique de joueur professionnel, entre salaire, primes, streaming et partenariats ?

Gwendal Duparc (GD)  : Je m’appelle Gwendal Duparc alias Gwen, je suis joueur professionnel sur Trackmania depuis maintenant 7 ans. D’un point de vue économique, mes revenus viennent à 90% de mon salaire via mon club AG “All Gamers”, les 10% restants sont principalement les primes (quasiment exclusivement une prime de performance à l’EWC) et quelques revenus complémentaires qui n’ont rien à voir avec cette activité.

OC / : Tu as fait partie du roster de STAKRN Agency avant d'évoluer aujourd'hui dans une structure internationale. Qu'est-ce que l'accompagnement d'un talent manager change dans la trajectoire d'un joueur, et à quel moment faut-il selon toi s'entourer ?

GD : Pour moi un talent manager est essentiel pour accompagner les joueurs qui n’ont soit pas d’expérience soit sont assez jeunes, j’étais bien content d’en avoir un quand j’avais seulement 16 ans pour m’accompagner dans tout ce qui est contrats et sponsors. A cet âge on a pas forcément la maturité pour savoir ce qu’il faut faire exactement pour bien gérer sa carrière, personnellement maintenant après avoir pris en maturité et en expérience j’ai décidé de gérer moi-même cette partie là, mais je sais qu’avoir quelqu’un pour t’accompagner restera toujours important que ce soit pour négocier ou vérifier les contrats par exemple.

 OC / : Orange Events a accompagné la LFL, des événements de la Karmine Corp et désormais l’Espot. Derrière ces partenariats, quel est réellement le business pour Orange : vendre de la connectivité, démontrer un savoir-faire technologique, toucher de nouveaux publics… ou les trois à la fois ?

TL : Si la genèse de ces partenariats relève de la stratégie de marque globale, notre rôle chez Orange Events est d'en être le bras armé opérationnel et le garant technique.

Au-delà de la simple vente de connectivité, ces événements agissent comme de véritables vitrines technologiques grandeur nature. Pour y répondre, nous avons industrialisé notre savoir-faire :

  • Constitution d'équipes expertes et dédiées aux contraintes spécifiques du gaming (setup, réactivité, complexité technique).

  • Démonstration concrète de notre agilité et de notre fiabilité sur des terrains ultra-exigeants.

En clair, chaque événement réussi valide notre positionnement d'expert incontournable, transformant notre professionnalisme de terrain en un formidable levier de crédibilité commerciale.

OC / : Trackmania est une discipline individuelle, mais ton résultat a décidé d'un classement collectif où chaque point comptait pour ton club. Comment se structure concrètement la relation entre un joueur et son organisation dans ce cas, entre intéressement, clauses de performance et droits d'image ?

GD : D’un point de vu joueur la seule différence avec un tournois standard c’est la pression qu’on peut avoir, d’habitude on joue pour soi et on peut décevoir seulement soi-même, maintenant avec l’EWC on a aussi la pression de décevoir ou non tout un club. On va dire que les contrats sont plus “volatiles”, si tu ne performes pas comme ton club l’aurait souhaité, tu es pratiquement sûr que l’année suivante il faudra en trouver un autre, sauf des cas où ce ne sont pas des clubs qui jouent le classement club.

C'est une relation saine où les deux parties participent pour optimiser les performances et se pousser vers le haut, ça permet aussi de s’intéresser à d’autres jeux auxquels on ne s'intéressait pas avant.

OC / : Trackmania est un jeu sans violence, lisible même pour quelqu'un qui ne joue pas, mais avec une audience souvent plus modeste que celle des gros FPS. Est-ce un atout ou un frein pour attirer des marques non endémiques ?

GD : Le problème principal qu’à Trackmania pour l’audience c’est qu’il n’y a aucune interaction entre les joueurs et ta performance dépend purement de soi-même, ce qui pour un spectateur n’est pas forcément “hype”. L’avantage c’est que c’est un jeu très visuel et facile à comprendre donc pour les marques c’est une occasion en or, pas de violence et une exposition in game énorme, grâce à des panneaux et blocs personnalisés aux couleurs de la marque.

Certaines grandes marques entrent dans le monde de l’esport grâce à Trackmania et c’est vraiment une bonne chose.

OC / : Le jeu appartient à un éditeur, qui garde la main sur son écosystème compétitif. Quel rôle devrait-il jouer selon toi dans la structuration économique de la scène, par exemple sur le partage des revenus ou l'existence d'un circuit officiel ?

GD : Le gros point noir de Trackmania, c’est que l’éditeur n’investi que peu voire plus du tout dans un circuit officiel hors EWC, il y a vraiment une trajectoire nette pour se concentrer sur le côté grand public du jeu pour attirer les joueurs casu.

De mon point de vue, permettre à un grand groupe comme ESL ou Blast de s’occuper de la scène compétitive de Trackmania permettrait de construire un vrai écosystème compétitif, qui en plus d’attirer plus de clubs sur le jeu, attirerait plus de sponsors et de joueurs.

OC / : La Trackmania Cup de ZeratoR t'a révélé à 15 ans. Quel format d'événement récurrent manque aujourd'hui à la scène française pour recréer ce type de moment, et qui devrait le porter ?

GD : La fin de la Trackmania Cup à été un gros coup dur pour la scène compétitive, comme je l’ai dit précédemment, des TOs (Tournament Organizers) permettraient de relancer la scène et de recréer des événements publics et de construire une vraie fanbase autour du jeu.

OC / : À 22 ans, la durée de vie d'une carrière de joueur reste courte. Comment arbitres-tu entre ta carrière de compétiteur et la construction de ta marque personnelle à travers le stream et les contenus ?

GD : L’avantage dans tout ça c’est que hormis l’EWC qui me prend la moitié de l’année, le reste du temps je peux me consacrer à d’autres choses, j’essaie de participer à des événements et de construire un écosystème me permettant de prendre le relai une fois que ma carrière de joueur professionnel serait terminé.

OC / : Ton mot “Business” de la fin ? : 

GD : Faire ce métier est une chance énorme qu’il faut saisir, faire de sa passion son métier n’est pas commun, mais il faut rester conscient que ce n’est pas encore assez développé pour en vivre toute une vie et c’est important de prévoir le futur, que ce soit par les études ou l'entreprenariat.

Un grand merci à Gwendal Duparc pour cette interview 🙂
Vous souhaitez échanger avec lui ? RDV sur son profil Linkedin
Suivez le également sur X ici

Découvrez d'autres interviews OFFCLUTCH :

❝

Vous êtes un professionnel du jeu vidéo, de l’esport ou de l’influence et vous avez envie de partager votre expérience à travers une interview ?

Contactez-nous sur [email protected] !