La rédaction d’OFFCLUTCH a le plaisir de recevoir aujourd’hui Monsieur Quinton, une des références françaises de la création de contenu autour du football et des jeux de football depuis plus de 10 ans.
OFFCLUTCH (OC) / : Monsieur Quinton, peux-tu te présenter et nous expliquer quelle est la place de la création de contenus dans ton quotidien professionnel?
Monsieur Quinton (MQ) : Bonjour OFFCLUTCH, mon nom sur internet est « Monsieur Quinton » et je suis passionné de jeux de football depuis petit. J’ai 42 ans (déjà…) et j’ai créé ma chaîne YouTube en 2015, puis mes autres réseaux (X, Twitch et TikTok) par la suite. À la base, j’ai créé ma chaîne pour partager mes buts et mes plus belles actions sur PES 2015, avec le logiciel de montage « Share Factory », disponible gratuitement dans la PS4. Puis BlogPES, un site communautaire sur PES, était à la recherche d’un youtubeur pour réaliser des tutos vidéo et étoffer les contenus de leur blog. Je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? ». Et en 2026, je suis toujours là, à parler de jeux vidéo de football.
Au début, ce qui devait être un simple passe-temps est devenu une activité professionnelle, une deuxième activité en plus de mon emploi principal. La création de contenus et le développement de mon entreprise se font sur mon temps libre. Je pense être devenu autant passionné par la création de contenus que par le football.
(OC) / : Tu fais partie du roster de STAKRN Agency. Qu’est-ce que l’accompagnement d’un talent manager change dans le quotidien d’un créateur indépendant depuis plus de dix ans, notamment dans la relation avec les marques ?
MQ : De valoriser mon travail à sa juste valeur auprès des marques. Je gagne aussi du temps dans les négociations et je peux me concentrer sur la création de contenus. Être accompagné par STAKRN et Pierre Ratier, que je salue, renforce aussi mon image de professionnel, et c’est important pour moi.
OC / : Ton activité mêle plusieurs sources de revenus, entre Youtube, l’affiliation, les partenariats et le live. Comment répartis-tu ton temps et tes efforts entre ces différents leviers, et lequel pèse le plus aujourd’hui dans ton modèle ?
MQ : Ma principale source de revenus reste la monétisation YouTube, celle que je maîtrise le mieux. Mes lives se font sur YouTube et Twitch en simultané. C’est un format avec un vrai potentiel, que je concentre sur les temps forts de l’actualité des jeux de football. Pour les partenariats, ils suivent le rythme des sorties : de mai à octobre, les marques sont très présentes.
Ce que je recherche en priorité, ce sont des collaborations sur le long terme, avec des formats récurrents qui permettent de lisser l’activité sur toute l’année, y compris quand l’actualité est plus calme.
OC / : Tu testes et analyses des jeux dont les éditeurs sont aussi des acteurs avec lesquels tu peux collaborer. Comment protèges-tu ton indépendance éditoriale, et à quel moment dis-tu non à un partenariat ?
MQ : Je refuse les partenariats avec les jeux d’argent et de hasard. Je refuse également les partenariats avec les sites de contrefaçon de maillots de football. Je refuse globalement les marques que je n’apprécie pas, ou que j’estime nocives pour la santé mentale et physique des gens.
Pour le test des jeux de football, il y a deux situations : les éditeurs qui proposent un contrat rémunéré pour parler de leur jeu, et ceux qui m’envoient une clé, sans contrat et sans rémunération.
Pour les contrats rémunérés (par exemple UFL, Goals ou Copa City), je mets en avant les points positifs du jeu, car il y en a toujours, mais je ne m’interdis pas d’exprimer des critiques (c’est plus fort que moi). Et c’est toujours annoncé clairement : mes collaborations rémunérées sont systématiquement identifiées comme telles dans mes vidéos, de même que les jeux qui m’ont été simplement offerts, pour que ma communauté sache toujours dans quel cadre je parle d’un jeu.
Pour les clés envoyées sans contrat ni rémunération, je lance le jeu et la caméra, et je ne pense plus à l’éditeur. Je me concentre sur une seule chose : dire ce que je pense, et l’exprimer le mieux possible. C’est un exercice simple que celui d’être honnête et dire ce qu’on pense. Il faut juste le vouloir profondément et ça sort tout seul.
Et là, le fait d’avoir une autre activité professionnelle est plutôt une force. Mon indépendance éditoriale ne repose pas sur un seul modèle économique, donc je peux rester libre dans mes avis, sans pression, y compris quand un jeu ne me plaît pas.
Même si je suis taxé de râleur depuis des années, car je suis très exigeant (j’ai connu l’âge d’or des jeux de football), mon honnêteté, mon attitude respectueuse et ma volonté d’apporter toujours des arguments à mes critiques m’ont permis d’être présent dans les programmes “Creator Network” des plus grands jeux de football (Football Manager, FC, UFL, Goals). Les éditeurs me font confiance et attendent des feedbacks de ma part, et j’en suis assez fier.
PS : Je ne suis pas dans le programme “Creator Network” de eFootball car…il n’existe pas.
OC / : Le marché du jeu de football s’est fragmenté depuis la fin de FIFA, avec EA FC, eFootball, UFL, Goals ou d’autres indés émergeants. Comment décides-tu sur quels titres miser, et quel est l’impact de ces paris sur ta communauté et sur tes revenus ?
MQ : C’est l’actualité d’un jeu, mon intérêt en tant que joueur et mon plaisir manette en main qui dictent mon contenu. En ce moment, je joue à FC 27 et PES 5. Dans quelques semaines, je jouerai sûrement à FM 2027 et PES 5. Puis ça tournera encore.
Quand un nouveau jeu est annoncé, j’oriente mon contenu dessus pour mon Journal des Jeux de Football (une émission où je donne des infos sur les jeux de foot). Je profite des sorties imminentes avec du contenu informatif quelques semaines, voire quelques mois avant, et quand le jeu est sorti, s’il me plaît, je propose de nouveaux contenus (lives, guides, tutos).
Le succès d’un jeu influence donc beaucoup la réussite de mes vidéos. Je suis tributaire du succès d’un jeu, mais aussi de mon plaisir à y jouer. Je ne supporte pas de faire du contenu sur un jeu qui ne me plaît pas. La vie est assez dure comme ça pour se forcer.
OC / : Ton calendrier dépend du rythme des sorties, avec un pic de contenu et d’audience autour de chaque nouvel opus. Comment gères-tu cette saisonnalité, et qu’as-tu mis en place pour lisser ton activité sur l’année ?
MQ : La charge de travail est beaucoup plus importante lors des pics de contenus et d’audience, et c’est une bonne chose. C’est dans ces périodes que je suis le plus heureux. Je travaille alors tous les jours et j’essaie d’être le plus organisé possible pour optimiser mon temps, respecter ma vie de famille, continuer de faire du sport et me reposer. Je pense que pour réussir sur internet, surtout avec un profil hybride comme le mien, il est crucial d’être très bien organisé.
OC / : Si tu devais donner 3 conseils à une marque qui souhaite s’adresser aux joueurs de jeux de football, que lui dirais-tu pour éviter les faux pas et construire une collaboration durable avec un créateur ?
MQ : Je dirais :
un, connaître vraiment la communauté et le jeu, parce que les joueurs sentent tout de suite l’inauthenticité
deux, faire confiance au créateur sur le fond et la forme, c’est lui qui sait parler à son audience
trois, construire dans la durée avec des formats récurrents et une vraie relation, plutôt qu’enchaîner les coups ponctuels.
OC / : Est-ce que ton activité de créateur de contenu est ta seule activité professionnelle à ce jour et si non, qu’est ce qui fait que ce n’est pas le cas?
MQ : Comme évoqué plus haut, j’ai mon activité de salarié, où je fais carrière depuis longtemps, et mon auto-entreprise. J’aime ce que ces deux activités s’apportent l’une à l’autre : elles m’ont permis de progresser dans de nombreux domaines, et cette situation m’apporte beaucoup de stabilité, ce qui convient bien au grand anxieux que je suis.
Je cherche à aborder la création avec sérénité : si une vidéo ou un live ne fonctionne pas, j’en tire des enseignements et j’avance. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir mener les deux de front, et c’est un équilibre qui me convient très bien.
OC / : Ton mot “Business” de la fin ? :
MQ : Détermination !
Un grand merci à Monsieur Quinton pour cette interview 🙂
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